C’est promis, j’arrête les fraises de Californie !
… Et n’allez pas croire que c’est par anti-américanisme, ou par je ne sais quelle lubie! Mais c’est tout simplement par pure sagesse gustative mais aussi environnementale et économique.
En fait, une simple balade dominicale avec ma petite famille sur l’île d’Orléans (dans la région de Québec) a suffit pour me convaincre qu’il était irrationnel de continuer à ignorer les étiquettes de provenance des produits que nous consommons chaque jour.
La pluie avait cessé de tomber et le soleil perçait tranquillement à travers les nuages lorsque nous nous sommes arrêtés devant une ferme maraîchère de cette belle île. La propriétaire des lieux vient nous voir et nous invite à cueillir les fraises dans sa ferme ! Une heure plus tard, nous revoilà chargés avec deux grosses barquettes de fraises bien fraîches sur les bras… et autant dans le ventre, tellement la tentation était grande. Et c’est toute la petite tribu qui s’en est donnée à cœur joie… la preuve en images !
La vérité c’est qu’elles sont terriblement délicieuses ces fraises de l’île d’Orléans… Elles sont belles, bien joufflues et d’un rouge vif particulièrement suggestif… Elles ne demandent qu’à être saupoudrées avec un peu de cassonade et un filet de crème… et dégustez ! N’avalez pas tout de suite. Laissez monter ces arômes fabuleux à travers les pores de la fraise! Laissez descendre très doucement! C’est tout simplement jouissif ! De plus, ces belles gâteries poussent à seulement quelques minutes à vol d’oiseau de chez moi. Un vrai bonheur ! Et pour couronner le tout, les fraises d’à coté de chez moi, sont bio donc plus saines et elles contiennent 40% de plus d’antioxydants que leurs sœurs californiennes. D’ailleurs, selon une récente étude de la Food and Drug Administration américaine le taux des résidus de pesticides dans les fraises américaines frôle dangereusement les 30%.
Mais, que ma surprise était grande lorsqu’en discutant avec la propriétaire de la ferme, celle-ci m’a avoué qu’une bonne partie de ses fraises risquait de se perdre faute d’être cueillies et consommées à temps ! « La récolte est très bonne cette année », me disait-elle, l'air désabusé « mais les fraises risquent de pourrir sur place s’il n’y a pas plus de clients comme vous ».
Et dire qu’il y’a des gens qui achètent (souvent plus cher) des fraises dans les supermarchés canadiens, qui arrivent par avion d’endroits aussi lointains que la Californie, le Chili ou l’Espagne.
Que ce soit les fraises de Californie, les raisins d’Australie, les haricots verts du Kenya, les tomates du Maroc… le problème avec tous ces produits frais importés, c’est qu’ils ont un coût écologique exorbitant... Si bien que si on intégrait leur facture environnementale dans le coût de production, ces petits plaisirs deviendraient hors de portée. Leur mode de transport émet en moyenne 100 fois plus de gaz à effet de serre par Kilo que le bateau.
C’est d’autant plus inquiétant que depuis une dizaine d’années, les quantités de produits alimentaires importés par avion ont plus que doublé! Et pour ne rien arranger, les circuits de transport de certains produits sont proprement scandaleux. En effet, que dire des pays qui importent du bout du monde des aliments comme le lait alors qu'ils en exportent à leur tour puisqu’ils en sont producteurs!? Ou de ceux qui produisent des denrées, les envoient à l'étranger pour être traitées ou emballées et les rapatrient pour être vendues dans le pays d'origine, et ce pour le simple prétexte que le coût du transport (même en y ajoutant le coût de la main d'œuvre étrangère) revient à moins cher que la transformation en local. En tous cas, si ces flux sont plus rationnels économiquement, ils sont franchement suicidaires pour l'environnement.
Bien sûr comme tout consommateur soucieux du respect de l’environnement, j’essaie de changer mes vielles et mauvaises habitudes de consommation. Désormais, j'évite de manger n’importe quoi à n’importe quelle période de l’année sans me soucier le moins du monde de ce que cela implique pour l’environnement. Mais ce n'est pas toujours simple car bien souvent, j’ai du mal à trouver sur les étiquettes le pays d'origine du produit comme il est souvent impossible de savoir par quel moyen de transport l’aliment à été acheminé. De plus, la plupart des produits proposés en magasins sont généralement transformés et contiennent, des agents conservateurs, des additifs et des denrées pouvant provenir des quatre coins du monde.
Heureusement que les rayons Bio prennent de plus en plus de linéaires dans les magasins et pour les produits frais, l'origine du produit est souvent indiquée. C'est même obligatoire pour certains, malgré quelques aberrations surréalistes du genre : une huile d’olive importée d’Espagne ou d’Italie mais estampillée « Produit du Canada » alors que jamais aucun olivier n’a poussé sur le sol canadien… Juste parce que la mise en bouteille est faite à Montréal ou Toronto !
Alors, avant de croquer une tarte aux fraises californiennes ou planter votre fourchette dans un Steak néozélandais, renseignez-vous sur les petits restos pas chers du coin. Je suis sûr que vous en trouverez un ou deux qui servent des plats savoureux à base de produits achetés dans les fermes d’à côté.
Privilégions les produits locaux et de préférence issus de l'agriculture biologique et du commerce équitable. Non seulement ils ne polluent pas les sols, l'eau et l’air, mais ils préservent notre santé et notre portefeuille.
C’est pour cela que je décrète les fraises de Californie bannies de mon assiette !
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