13/05/2008

Bienvenue

Bienvenue sur mon blog...

Il est dédié au Développement Durable et à l’EconGlobe2_3omie sociale et solidaire.

Ce blog se veut un espace de convivialité et de partage d’idées. Il nous permettra d’échanger, de manière constructive, nos convictions sur les alternatives pour construire, ensemble, un Monde meilleur.

Vos idées, remarques ou simples commentaires seront très appréciés. N’hésitez pas à les partager avec tous les utilisateurs de ce Blog !

Solidairement...

Karim ELABED.

15/09/2007

Ma ville: chronique d’une banale agonie…

220699_zipkfwpy51ltboppiwldn6vmri74En ce début du mois sacré du Ramadan ou le cultuel se mêle intimement au culturel, je ne peux déroger à une règle, tout aussi sacrée et bien ancrée dans mes habitudes : passer les premiers jours du Ramadan au sein de ma famille au nord du Maroc. Et à chaque retour au bercail le coeur se serre et la gorge se noue. Un sentiment de nostalgie mêlé à la désolation sur le destin d'une ville au passé glorieux dont il ne reste plus qu'un semblant de prestige qui se consume à petit feu.  Chronique d’une banale agonie…

Située à la frontière sud des montagnes du Rif, « Ouazzane », est une cité spirituelle dont la création remonte au 17ème siècle. De son glorieux passé, on ne connaît, aujourd’hui, que ses fameux ateliers de tissage de laine, ses savoureuses figues et surtout ses huiles d’olives aux arômes forts et puissants que j’achète dans les coopératives féminines des villages avoisinants.

C’est un paysage pittoresque qui vous séduit à l’entrée de cette cité mi-ville mi-campagne. Elle s'étale sur les pentes boisées et verdoyantes des montagnes du pré Rif. Jadis, elle était le lieu de pèlerinage des « Tijana » et autres tribus d’Afrique de l’Ouest et du Nord. Sa confrérie religieuse d’obédience « Soufi » étendait, dit-on, son influence spirituelle jusqu’en Libye et le Sénégal.

Parfaite victime de la mondialisation (encore elle), Ouazzane vit, depuis quelques décennies, dans un inexorable délaissement… Sa surpopulation  (plus de trois cents mille avec les villages avoisinants) provoque un urbanisme anarchique et galopant. Un paysage de désordre qui frappe le visiteur à tous les coins de la ville. Un triste phénomène qui a pris une ampleur considérable depuis que la région connaît de terribles sécheresses, amplifié pendant les deux dernières décennies, par l'afflux croissant des paysans fuyant des conditions de vie de plus en plus pénibles dans les villages de la région. Ils s’y installent plus par proximité que par opportunité. Car les opportunités à Ouazzane, il n’y en a guère.

La vieille ville, qui garde jalousement un semblant d’harmonie architecturale des villes impériales du Maroc, est aujourd’hui totalement délabrée. Tous les bâtiments anciens sont rongés par l'humidité et l’effritement. Les plus vieux Riads de cette médina séculaire menacent de s’écrouler d’un moment à l’autre.

Ironie du sort… et comme si le destin s’acharnait sur elle : la ville ne fait, même, pas partie du programme d'aides au développement des provinces du Nord qu’à lancé le gouvernement marocain depuis quelques années. Même le très prometteur programme INDH (Initiative nationale du développement humain) la boude depuis son lancement en 2005.

Pourtant, la ville et ses alentours appartiennent à une zone économiquement sinistrée. La récente et dangereuse prolifération de la culture du cannabis est la preuve, si besoin est, du désespoir qui touche une population de plus en plus isolée.

Le Cannabis, ce fléau, a depuis longtemps choisi la ville comme point de passage stratégique. Stratégique mais obligatoire à cause de son réseau routier vétuste et peu contrôlé, favorisant, ainsi, la sécurité des trafiquants au détriment de celle des populations locales.

Point de transit, la ville l’est aussi pour tous ceux que la ville a accueilli, un jour. Le temps d’obtenir un bac ou une opportunité, pour quitter sous des cieux plus cléments. Les autres, les malchanceux, allongent des listes interminables des chômeurs de la ville.

Mais alors, que faire ? Rester spectateur de cette cruelle agonie ? Existe-t-il une autre voie pour lutter contre l’oubli et la précarité… ?

Oui! Economiquement, la ville peut encore rebondir car ses potentialités sont très mal connues et peu exploitées. Sa proximité avec l’Europe (à 160km seulement) et ses richesses naturelles peuvent lui conférer une place importante dans le plan du développement du nord du Maroc.

Touristiquement, la ville ne manque pas d’atouts. Ses montagnes d’oliviers et de cèdres sont d’une splendeur enivrante, sans parler de son héritage historique et ses monuments qui peuvent constituer des sites potentiellement attrayants. De plus, la ville fait partie de l’axe touristique Fez - Chefchaouen –Tanger, de plus en plus fréquenté.

Il y’a à peine trois ans, Alter Eco a démarré un partenariat avec FEDOLIVE, sur la base des principes du commerce équitable qui placent le développement durable au cœur de son action… les signes d’optimisme sont déjà palpables : Le regain de l’espoir.

C’est aussi pour ma ville natale que je  me suis engagé sur la voie du commerce équitable. Une façon de lutter contre l’oubli et le désespoir.

« Au lieu de maudire les ténèbres, mieux vaut allumer une bougie » Lao Tseu.

04/07/2007

Le Maroc à l'heure de l'Equitable.

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Depuis son village de Tiout près de Taroudant, Amina, la présidente de la coopérative d’huile d’Argan « Taïtmatine », vient de faire près de douze heures de route avant d’arriver à Casablanca… La mine fatiguée, elle avance d’un pas nonchalant sur l’allée centrale de l’hypermarché "Marjane Californie" où sa fameuse huile d’Argan que j’achète dans la coopérative de son village, trône majestueusement au milieu d’une Tête de Gondole avec les autres produits de la gamme Alter Eco!  Soudain, son visage s’illumine et sa démarche se hâte pour s’approcher du stand de Alter Eco… « je n’en reviens pas », me dit-elle, « est ce bien notre huile ?! » Si, si, c’est bel et bien l’huile d’Argan de Tiout, que les clients s’arrachent, chère Amina ! Tu peux en être fière !

Ce premier week end du lancement de la gamme Alter Eco dans la grande distribution était incroyable! Nous avons vécu un week end de rêve... dans une ambiance des plus agréables avec des productrices tellement fières de voir leurs produits bien installés au milieu d'un mastodonte de la distribution. Elles présentent sans complexe leurs projets aux clients qui les félicitent pour leur courage et la qualité de leurs produits! Et cela se voit sur les étalages qui ne mettent pas longtemps pour se vider!  Les « consom’acteurs » marocains ont totalement adhéré. Le plus agréable c'est qu'il y'en a qui sont revenus nous voir après pour nous féliciter et se procurer d'autres produits Alter Eco... parce qu'ils les ont trouvés "bons"!...

Après ce démarrage réussit, la gamme Alter Eco n'en finit pas de faire parler d'elle au Maroc et n'en finit pas de faire des heureux parmi les clients qui commencent à s’habituer à nos produits. Certains reviennent chaque jour, juste pour acheter les produits Alter Eco, nous disent-t-ils. D'autres encore, viennent se faire un stock conséquent... Je me souviens d'un client, qui est arrivé un beau matin avec son caddie pour nous vider toute une étagère de produits, « avant qu'il n'en reste plus! ».

Face à cet engouement qui ne faiblit pas depuis deux semaines, Marjane nous a proposé de prolonger cette « mise en avant » des produits équitables… pourvu que ça dure!

Le plus important maintenant, c'est la consolidation de ces acquis et le renforcement des capacités managériales des équipes au sein des coopératives partenaires (qui n’avaient jamais travaillé avec la Grande distribution auparavant) pour qu'elles arrivent à bien s'organiser afin de maintenir et la qualité des produits et la régularité des approvisionnements! C'est la raison pour laquelle, je tenais à ce que Amina ainsi que les représentants de toutes les coopératives  soient présentes dans les points de ventes afin qu'elles soient conscientes des enjeux qui les attendent...

C’est, enfin, cela la raison d’être de Alter Eco en terre d'Afrique! C'est pour Amina et pour tous les autres producteurs défavorisés de mon pays.

Mais en fait, qui a dit que les produits équitables étaient juste pour les pays riches?

karim@altereco.com

19/06/2007

Communiqué de presse :

Marjane et Alter Eco Partenaire pour le lancement du commerce équitable au Maroc.

Dsc07011Dès vendredi 22  juin, les clients de Marjane Californie à Casablanca, de Marjane Riad à Rabat et de Marjane Menara à Marrakech peuvent découvrir et acheter les produits de Alter Eco. Entreprise engagée depuis 1999 sur la voie du commerce équitable, elle déploie une approche attrayante et solidaire, donnant le maximum de garanties au consommateur quant à la qualité des produits. Majoritairement issus de l'agriculture biologique, ces produits sont l'alliance subtile d'un savoir-faire traditionnel et d'une qualité d'origine exceptionnelle.

L’application des grands principes du commerce équitable.

Si l’entreprise est très active en Europe et en Amérique, elle est également implantée au Maroc, où elle soutient activement les coopératives de petits producteurs des régions reculées pour la commercialisation de leurs produits. Elle applique dans le Royaume les grands principes du commerce équitable : travailler en priorité avec les coopératives des producteurs les plus défavorisés ; payer un prix juste couvrant les coûts de production et permettant au producteurs de vivre décemment  ; acheter le plus directement possible aux coopératives pour maximiser la marge du producteur et valoriser des savoir-faire traditionnels.

Une démarche valorisée par Marjane

Placée dans une logique de partenariat durable et de développement de l’amont agricole et sensible à la démarche proposée par Alter Eco, Marjane a décidé de référencer ses produits. Ses clients peuvent ainsi devenir « Consom’acteurs », en achetant l’huile d’olives, les olives de table en bocal, le couscous traditionnel ou encore l’huile d’Argan produite par les coopératives de la région de Taroudant. Pour favoriser cet engouement, Marjane assure en partenariat avec Alter Eco, la mise en avant de cette gamme Commerce Equitable pendant dix jours, accompagnant ce lancement par des séances de dégustations et par la diffusion de l’information aux médias nationaux. D’autres produits Atler Eco pourront être proposés dans les prochains mois, au bénéfice de tous les producteurs qui en vivent. La réussite de cette démarche sociale est intimement liée  à l’adhésion des consom’acteurs de l’enseigne !

04/05/2007

Sauvons l’écologie au Maroc…

Images_chantier Il n’y a pas de doute, le Maroc est en marche. Dès votre arrivée à l'aéroport de Casablanca, Marrakech ou Tanger (qui sont, tous les trois, en train de doubler leurs capacités d’accueil), ce ne sont plus les beaux palmiers, si emblématiques du Maroc authentique, qui vous y accueillent, mais des grues à perte de vue qui surplombent des immeubles en construction ; des chantiers des complexes touristiques ; des ports…

Hélas, cette fièvre constructrice se fait au détriment du fragile équilibre de l’environnement et de la biodiversité. Beaucoup, s’inquiètent, aujourd’hui, à juste titre, de l’immobilisme des pouvoirs publics face aux conséquences graves de cette frénésie qui met en péril le développement durable du Maroc et plus particulièrement du Nord.

Il est urgent que nos décideurs sortent de leur inertie. Il faut repenser un nouveau modèle de croissance... Celui-ci doit obligatoirement, concilier croissance éconmique, utilité sociale et protection de l'environnement. C'est une condition sine qua none pour que le développement durable de notre pays ne soit pas qu'une pure chimère.

Le collectif des associations de la protection de l’environnement au Nord du Maroc lance, aujourd'hui, un cri d’alarme pour dénoncer « Les graves atteintes portées à l'égard de notre patrimoine écologique au nom du développement économique et de la promotion touristique ».

Solidairement.

karim@altereco.com

Image : Le méga-chantier du port Tanger Med sur la rive sud du détroit de Gibraltar.

12/04/2007

La pauvreté... mère du terrorisme.

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Quelle est la différence entre Miami et Kaboul ? 10 mètres à peine… et c’est la largeur du Boulevard Taddart à Casablanca qui sépare le bidonville de Bachkou et les Villas de Polo !

Ce n’est, malheureusement, pas une blague, mais une triste réalité de ce Maroc qui a réussit à faire cohabiter, face à face, dans le même quartier, des riches à crever et des pauvres qui crèvent la dalle. Le contraste est absolument ahurissant lorsque vous descendez ce boulevard. D’un côté, des villas de rêve avec palmiers géants, gardiens et grosses berlines avec chauffeur… De l’autre côté, les bidonvilles de Bachkou  et ses dizaines de milliers de laissés pour comptes… Pas étonnant que parmi toute cette populace entassée sous les plaques de tôle, il y’a ceux qui pètent les plombs, ou pire… se faire péter en mille morceaux !

C’est, malheureusement, ce qui s’est passé il y’a quelques jours dans un des multiples quartiers dits « populaire » (par pudeur) de Casablanca. Quatre kamikazes ont déclenché leurs charges explosives au milieu de la foule, tuant et blessant sans discernement. Folie meurtrière ou geste de désespoir ? La vraie question n’est plus là. Il faut d’abord se demander… quelle est cette société qui pousse des jeunes à la fleur de l’âge à  en vouloir autant à la terre entière ?

Plus la pauvreté s'étendra, plus le nombre de ces jeunes paumés grossira, plus le terrorisme frappera. Il n'y a guère de doute la dessus... tous les spécialistes vous le diront. Le lien de cause à effet entre la pauvreté et la violence est clairement établit.

Il faut, donc, s'attaquer aux sources du mal. Celui-ci se nourrit souvent d’un profond sentiment d'injustice. Injustices économiques, politiques, sociales, culturelles… Et de ces injustices, il y’en a dans le royaume.

Cela étant, même si la misère peut être un facteur important dans les frustrations qui se traduit par cette méprisable irrationalité, rien ne peut pardonner (ni même comprendre )cette barbarie ignominieuse (excusez pour l’euphémisme).

Le Maroc est sur la bonne voie?! Et quelle voie ? Celle des écarts entre les couches sociales qui ne cessent de s’étirer ou celles d’une myopie collective qui nous mène tout droit vers une schizophrénie sociétale.

Plus que jamais, notre combat contre la pauvreté est pleinement justifié… a chacun d’y mettre un peu du sien… Et en y arrivera, Inch’allah.

karim@altereco.com 

16/03/2007

Visuelelections2007

Il faut dépolitiser le développement durable !

Après le coup d’éclat médiatique du « télécologiste » Nicolas Hulot qui a obligé la plupart des candidats à l’élection présidentielle française à signer son pacte écologique, plus personne ou presque n’évoque le développement durable dans cette campagne présidentielle... Chasser le naturel, il revient au galop ! Preuve que la classe politique se soucie plus de l’arithmétique des urnes que celle du CO2 par habitant ou du nombre des ventres vides en Afrique.

Cette campagne présidentielle est terriblement révélatrice de l’impuissance du seul politique à répondre à des problématiques qui requièrt un nouveau mode de gouvernance loin des petitesses et des mesquineries nationalistes d’un autre âge. Désormais les enjeux que nous affrontons sont de taille. Ils sont planétaires et supranationales. Ils ne doivent pas rester otages des envies politiciennes et des humeurs racoleuses des partis politiques de tous poils.

En dehors du parti des verts, aucun autre parti engagé dans la course élyséenne ne nous propose des mesures concrètes étudiées et chiffrées pour lutter contre les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). Aucune proposition sérieuse n’est faite pour rendre efficace l’aide au développement « durable » des pays du sud. L’UMP, le PS comme tout les autres, évoquent essentiellement quelques propositions sommaires et politiquement correctes. Et c’est bonnet blanc et blanc bonnet : Le PS propose de modifier l’ONU pour y intégrer les institutions financières et l’OMC, afin d’affirmer la primauté des droits humains et de l’environnement dans les échanges commerciaux, la création d’un « Conseil mondial du développement durable » pour garantir l’application des normes internationales sur ces questions. L’UMP veut contre balancer les pouvoirs de l’OMC par la création d’une ONUE (organisations des nations unies pour l’environnement) en associant la société civile et en donnant un poids plus important aux pays du Sud.

Mais ce que l’UMP comme le PS et les autres oublient de nous dire… c’est qu’un africain sur deux vit encore avec moins de 1 dollar par jour et que la fonte de la banquise s’est accélérée soudainement à cause du réchauffement climatique… et cela au vu et au su de l’ONU et de l’OMC !

Réchauffement de la planète, épuisement des ressources naturelles, inégalités Nord - Sud… autant de problèmes qui scelleront définitivement le sort des générations futures si nous n’apportons pas immédiatement des solutions viables et écologiquement responsables en changeant radicalement et collectivement nos modes de vies et nos habitudes de consommation.

A bon entendeur, Salam !

25/02/2007

Indh INDH... or not INDH?

Connaissez vous l'INDH?... Non!!?... Êtes vous sérieux?... À moins d'habiter sur une autre planète, impossible d'y échapper. Au Maroc, "l'Initiative Nationale du Développement Humain" est partout : à la télé, dans les conversations de café, dans les bidonvilles... difficile de ne pas en entendre parler dans chaque contrée du royaume... Et tant mieux, car, enfin le Maroc s'est doté d'un véritable "Plan Marshal" pour lutter contre l'extrême précarité! Enfin, un plan de sauvetage du Maroc inutile. Ce fameux 18 mai 2005, doit être proclamé "fête nationale".

Pas moins de 10 milliards de Dirhams (1 milliard d'euros) pour financer les activités génératrices de revenus pour les plus démunis ou encore, en finir avec l'habitat insalubre, l'isolement des villages et autres signes de sous développement d'un pays qui mérite définitivement beaucoup plus qu'un moindre mal!

Pour une fois, on parle de contrôles à  priori et à posteriori, de projets prioritaires, de compétences, d'évaluations de projets... Bref, tout ce qu'il faut pour en finir avec les improvisations qui ont caractérisé les précédents plans de développement économique et social qu'a connu le Maroc depuis l'indépendance. Des projets qui émanent, pour la plupart, de la société civile elle-même (association; groupes de producteurs; ONG; élus locaux...) et dont la sélection se fait en fonction des vrais besoins des populations défavorisées. En fait, même s'il est prématuré d'en juger la vraie portée, l'INDH et ses milliards, sont une véritable bénédiction pour des milliers et des milliers de laissés pour compte que l'on avait presque oublié, tellement ils étaient devenus invisibles.

Moi qui sillonne le Maroc pour aider les petits producteurs à  se développer grâce au commerce équitable, je vois ce Maroc de l'INDH qui Émerge doucement mais sûrement, puisque ce sont nos coopératives partenaires qui en profitent les premières. Tant mieux pour les petits producteurs. Tant mieux pour le commerce Équitable. Tant mieux pour le Maroc.

Alors... INDH, or not INDH?

 

07/02/2007

Ma rencontre avec Fatima.

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Lors de ma dernière mission dans le sud du Maroc, j’ai rencontré une fille qui s’appelle Fatima : Une berbère d’un village près de Ouarzazate. Elle est jolie, intelligente et jeune. Trop jeune même ! Fatima n’a que 13 ans, et pourtant, elle ne va plus à l’école depuis que ses parents n’arrivent plus à supporter la charge financière de sa scolarité et celle de ses nombreux frères et soeurs. Faute de collège dans son village, les parents de Fatima n’ont pu lui payer le bus qui devait la reconduire chaque matin à environ 20 km de chez elle.

Mais Fatima, elle, veut continuer à apprendre. Par chance elle a trouvé… une famille d’accueil à Marrakech qui, depuis plusieurs mois, se bat avec l’administration marocaine pour lui trouver un établissement scolaire pour la réinsérer.

Hélas, beaucoup de petites filles au Maroc et dans de nombreux pays africains, n’ont pas eu la chance de Fatima. La plupart d’entre elles finissent comme « bonnes à tout faire » dans les villes. Des corvéables à merci qui travaillent jusqu’à 16 heures par jours pour « un salaire » de misère dont elles ne verront, de toute façon, jamais la couleur ! Les parents de ces jeunes filles, vivent dans des conditions précaires et ne voient leurs filles que le jour où ils viennent chercher cette paie de honte et de misère. Entre 50 et 100 euros par mois  pour faire le ménage, assurer la garde d’enfants, effectuer des petites courses, s’occuper des grands parents… les corvées pour ces fillettes sont longues et pénibles. La plupart d’entre elles sont battues ou maltraitées, elles vivent dans des conditions particulièrement précaires. Elles travaillent dans les familles bourgeoises ou de la classe moyenne des centres urbains du royaume. Difficile, de ne pas les apercevoir, l’air  furtif, mal habillées et chargées comme des mulets au retour du marché,  au détour d’une ruelle de la médina de Rabat, Casablanca, ou Marrakech.

Plus la pauvreté s'étendra, plus le nombre de ces petites bonnes augmentera. Chronique d’un banal phénomène :

Depuis que les régions rurales du Maroc connaissent une sécheresse endémique, la vie n’y est plus que survie. Tout est question de priorités, et la priorité des parents de Fatima et ceux des autres est d’abord nourrir la famille. La mondialisation (encore elle) est passée par là aussi. Les petites cultures vivrières de céréales et les revenus tirés de l’exploitation de quelques arbres fruitiers, ne suffisent plus pour manger, se soigner, s’habiller et encore moins se scolariser.

Pourtant, le village de Fatima ne manque pas d’atouts pour faire vivre ses habitants dans la dignité. A commencer par l’agriculture, bien que vivrière, elle suffira pour remplir l’appareil digestif de tous les villageois pour peu qu'on leur apporte de maigres aides pour investir en petites machines agricoles et augmenter ainsi la productivité de leurs terres.  Les arganiers et les amandiers tapissent des vallées entières de l’anti-Atlas. Hélas, ils sont laissés à l’abandon à défaut de trouver des débouchés suffisamment rémunérateurs pour couvrir les frais d’exploitation et d’entretiens de ces vergers.

En attendant, des milliers de fillettes continueront à  subir les pires formes d’exploitation d’un autre âge.

Ce n’est que récemment que le gouvernement marocain a décidé de prendre ce problème à bras le corps en diffusant en masse des messages de sensibilisation destinés à limiter le recourt systématique à cette pratique « moyenâgeuse ». Un premier pas dans le bon sens.

C’est aussi pour Fatima et les autres fillettes de son âge que je fais du Commerce équitable.

karim@altereco.com

16/01/2007

Pour un Commerce équitable Sud/Sud

A travers la création de Alter Eco Africa & Middle East, nous venons d’ouvrir un nouveau front dans la promotion du commerce équitable : Celui de la solidarité du sud avec le sud. C’est ce que nous appelons communément, désormais, le commerce équitable « Sud / Sud ».

De quoi s’agit il exactement ? Dans les pays du sud dits fournisseurs, certes, il existe des producteurs défavorisés qui ont réellement besoin de la commercialisation à grande échelle dans les pays riches, de leur récolte, mais, il existe dans ces mêmes pays des catégories sociales plus aisées qui ont un pouvoir d’achat au moins équivalent aux classes moyennes des pays dits du Nord. La promotion du commerce équitable Sud/Sud doit consister, de mon point de vue, à réconcilier au sein des pays producteurs, des classes sociales souvent opposées (voire en lutte) à travers la distribution des produits locaux dans la grande distribution du sud. Ceci est non seulement utile socialement mais c’est aussi indispensable économiquement, car je considère que le commerce équitable est d'abord et avant tout solidaire et dont la distribution doit également exister dans les pays producteurs. Ceci, afin de sortir petit à petit d'un commerce équitable « misérabiliste » entre les « riches » consommateurs du nord et « les pauvres » producteurs du Sud. Cette dichotomie commence à s'apparenter, à juste titre, d’ailleurs, à du "néo-colonialisme" dans certains milieux intellectuels et quelques médias du Nord comme du Sud. Il est inadmissible que nous puissions trouver, par exemple, en plein coeur de Paris, grâce à Alter Eco, des produits marocains (comme l'huile d'olive, l'huile d'Argan...) de grande qualité, alors que le consommateur marocain en est privé dans son propre pays!

Les deux premières semaines du mois de mai de chaque année, nous organisons en France " La Quinzaine du commerce équitable " avec la participation de tous les acteurs du commerce équitable. C’est l’occasion de promouvoir la consommation des produits des filières du Commerce équitable et favoriser l’échange entre les producteurs et les consommateurs à travers la visite en France des membres des coopératives partenaires.

C'est, en somme, la démarche que je préconise aujourd'hui à travers le projet de distribution des produits marocains du commerce équitable au Maroc grâce aux chaînes de distribution locales... Ceci permettra, un tant soit peu, une redistribution plus juste et équitable des richesses au sein d’une société marocaine, où les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches. De plus, cela donnera l'occasion à chaque marocain de participer à cet élan de solidarité qu'à initié le Maroc à travers « l'Initiative Nationale du Développement Humain».

A suivre…